Mémoires d'un troupier

Extrait de Mémoires d'un troupier, de COUDRAY Honoré. Un cavalier du 9e hussards chez les chasseurs alpins du 11e B.C.A. (Partie Hilsenfirst)

18 mars 1916
Partis de Kruth ce matin à 9 heures, la route en lacets qui conduit au col de Klintzkopf nous faisait atteindre le plateau d'Hahnenbrunnen et enfin les sommets de l'Hilsenfirst qui dominent de leur écrasante hauteur les points connus de Metzeral et toute la vallée de la Fecht. Nous ne sommes là qu'à 1328 mètres d'altitude, et l'on peut ajouter que la neige triomphe partout. Le commandant a installé son poste à proximité des tranchées au bord d'un sentier abrupt et rocailleux. Cela s'appelle le camp Sermet et, contre les parois des roches, se dissimulent quelques cagnas qui constituent ce camp. Nous, un bois de hêtres situé à deux cents mètres de là, sur un tertre plat, est notre home.

22 mars
Nous assurons la liaison entre le commandant et la 2e brigade qui siège à Breitfirst près d'Hahnenbrunnen et puisque nous avons le regret de ne pas savoir un mot d'allemand, nous simplifions en l'appelant dans notre jargon le coin des ânes, et nos chevaux éprouvent des difficultés inouïes à gambader parmi les rocs du camp Sermet et, gravissant ce sentier de chèvres, si nous avons en outre la malchance de rencontrer un mulet, ou l'un ou l'autre doit reculer jusqu'au bout de la piste, sinon il risquerait de se rompre les os dans le ravin profond.
Le secteur est à peu près calme. Le lendemain de notre arrivée, les boches ont essayé de pulvériser l'abri de P…, mais l'un et l'autre ont la tête dure.
Il a neigé à volonté. Ce matin, cette ouate blanche obstruait le portillon de notre cagna. Les rats nous dévorent et parfois la nuit on les sent trotter sur nos corps, ils ont rongé le livret militaire de Jargot. Heureusement nous sommes à peu près victorieux de notre offensive engagée contre les poux.
J'ai découvert il y a quelques jours, dans un livre intitulé Zodiaques mystérieux, une prophétie formulée en 1770 tirée de l'étude des astres. Elle peut se rapporter aux tragiques événements actuels, et, en simple curieux, je la transcris :

Quand les esprits infernaux viendront perdre ton âme,
Sois sûr que du roumain tu auras trahison
Et tu mourras aux cris de révolution
Jamais prince n'aura laissé tant d'infortune
De seize, ô France, compte trois fois trois lunes
Avant de revoir tes héros, tes enfants
La paix sera signée à Bruxelles en Brabant
Tout te sera rendu, tu as grande victoire
Or pur triomphera. Infecte poudre noire.

J'avoue que, quoique écrits sous le prétendu signe des astres, la lumière m'a paru faire défaut, et je n'ai absolument rien compris à cette strophe, pas plus d'ailleurs que dans le restant de la prose du petit livre. Gardons de préférence la clarté du jour, souverain des astres.

31 mars
Depuis quelques jours, nous travaillons à l'aménagement de notre bouclier souterrain et aussi à l'organisation de l'écurie de nos braves chevaux. Quel labeur ! Grand Dieu ! Mais nous n'arriverons jamais à exécuter un aussi joli travail que le 152e régiment de ligne, un de nos devanciers ici. En effet, au fond de la gorge profonde que nous dominons et relativement à l'abri des trajectoires destructives, ils ont édifié une petite et magnifique chapelle entièrement en bois rond, couverte de tuiles simulées, surmontée d'un typique clocher avec l'indispensable coq ainsi que l'horloge et sa cloche, les vitraux, le maître autel ; tout (à l'exception de la cloche) est en rondins, intérieur et extérieur. En somme, un joyau, un petit chef-d'œuvre de patience qui fait honneur aux soldats ouvriers qui l'ont exécuté. Pour mon compte, je ne me sens aucune disposition pour des travaux de ce genre, et j'avoue encore une fois être d'une maladresse sans précédent.
Les avions viennent explorer chaque jour notre montagne. Des luttes s'engagent alors, et le sourd crépitement des mitrailleuses aériennes se perd dans les nuages. Ils viennent surtout repérer le câble aérien qui nous ravitaille dans le but de le détruire à coups de bombes, sans succès à ce jour. Hier, me rendant à Hahnenbrunnen, j'ai rencontré un traîneau conduit par des chiens, ou plutôt traîné par ces jolis toutous attelés en triangle. Le convoi portait des barbelés en rouleaux aux lignes vers le dépôt du matériel, et tous ces Médors aboyaient avec une telle force que mon cheval reniflait et il a fallu que je mette pied à terre afin de le calmer.
Voilà donc encore un nouveau mode de transport utilisé dans les pays neigeux, et il convient de signaler que si ces braves bêtes ont l'entrain un peu bruyant, elles semblent fort bien s'acquitter de leur tâche.

8 avril
Encore du grabuge. Un chapitre nouveau vient de s'ajouter aux incartades de notre déséquilibré. Que s'est-il donc passé ?
Cette nuit, un coup de main allemand est venu porter ses pattes chez les territoriaux (1) qui sont sous la dépendance directe du maboul P…, qui a la direction du sous-secteur. Ils occupaient la cote 400 (2) et une forte reconnaissance ennemie, coupant les barbelés, est venue les surprendre et, pénétrant dans la tranchée, tue les sentinelles, en blesse et tue encore d'autres, fait des prisonniers, si bien qu'après cette rapide incursion, treize hommes sont restés sains et saufs, mais naturellement abasourdis.
« C'est une mine à exploiter, s'est dit ce saint homme P … en se frottant les mains. Qu'on m'amène ces treize soldats, commande-t-il, je vais les faire fusiller ! » En temps normal, il n'est déjà pas beau, mais quand il prend un accès de folie sanguinaire, il devient répugnant. « Donnez-moi la brigade ! », souffle-t-il au téléphoniste tremblant. Il s'accroche à l'appareil et trépigne de joie en annonçant par le fil au général Gamelin que l'exécution aura lieu à l'aube prochaine. On lui demande un rapport. Qu'à cela ne tienne ! Sa furia suppléera à l'enquête légère établie par les renseignements verbaux et contradictoires recueillis ça et là. La paperasse marche ! Quel délire ! Il rédige donc un rapport accablant. Tous les secrétaires sont rassemblés. De nombreux officiers font le cercle autour de ce falot personnage. Il leur lit et, avec la fatuité d'un pédant, s'écrie « Voici un rapport qui me vaudrait vingt points à l'école de guerre ». Puis, employant jusqu'à l'ironique injure, il ânonne, afin d'atténuer ou de briser les résistances : « Je m'en rends responsable devant le Créateur ».

Avez-vous ouï ce re-saint homme? J'étais témoin de la scène, car devant la porte ouverte de l'abri attendant ce fameux document que je devais porter à la brigade, j'observais cet homme dénaturé au crâne déplumé, qui était envahi par la Bête. Il sautait comme un bouffon, et les grelots invisibles de sa livrée semblaient sonner le glas de son intelligence et de son cœur.

(1) Il s'agit du 50e RIT
(1) Il s'agit là du point 400 ou Tête des Français et non de la cote 400.


Oyez, vilains ! On constitue une cour martiale, on nomme à la hâte des défenseurs et des juges en ayant soin d'aviser à l'avance les premiers qu'ils ne seront point écoutés malgré l'éloquence de leur plaidoirie et leurs chaleureux appels à la clémence, mais on a pris aussi les devants en les triant sur le volet de l'injustice (les seconds).

La faute allait être irréparable, quand enfin un ordre formel de la brigade enjoignait de surseoir aux courts débats de l'ignominieuse invention de la cour martiale. Un décret ministériel vient de les supprimer, vraisemblablement par suite des abus qui en furent faits.

Afin d'atténuer le scandale, c'est donc la mort dans l'estomac (car on ne viendra pas me raconter qu'il a encore une âme) que P… a été tenu de se rallier à la décision suivante : douze hommes seront mis hors de cause ; seul, le malheureux sergent sera référé devant un prochain conseil de guerre. P… aura quand même un os à ronger.
En ce moment, le sergent est relégué au fond d'une sape tel un individu dangereux et réfléchit sans doute, au fond de ce silo humide, sur les vicissitudes de la vie militaire en cette époque troublée. Il a pourtant l'air d'un honnête homme accompli, bien mieux que P… Mais n'oublions pas que ces conseils sont plutôt des ordres que des tribunaux, et souvent d'ignobles prétoires qui obéissent à un code élaboré en partie par des fous. L'inculpé ou son défenseur, quand il en a un, n'a pas le droit d'invoquer telle ou telle raison ou un droit quelconque, ni d'apporter des preuves, ou encore moins d'appeler la bienveillance sur les nombreuses infractions prévues par les plus innombrables articles de ce catalogue militaire. Inculpé est synonyme de condamné, et les tribunaux révolutionnaires ne firent pas mieux ou plus mal. Il faudra tout de même arriver un jour à la réforme de la justice militaire. Depuis ce matin, je réfléchis sur la gravité de la faute commise non seulement par ces treize territoriaux, mais aussi ceux qui sont morts, blessés ou prisonniers. Je ne vois rien, point de faute et encore moins de gravité. Tout simplement, un fait tiré à des milliers d'exemplaires depuis que la guerre existe…. Des combattants surpris dans leur veille. Et puisque la guerre n'est pas faite pour naître des individus, il est normal que les plus forts du moment fassent des vides parmi les plus faibles de la minute et que, de part et d'autre, il y ait des soldats qui sortent d'une bagarre sans égratignure ni gloire rayonnante. Je ne vois toujours là qu'une ordinaire coutume, et il faut être frais éclos d'un état-major et avoir appris l'histoire à l'école buissonnière pour croire qu'une parcelle de terrain perdue est un déshonneur éternel qui jettera l'opprobre sur nos descendants. Voire !.... Nantis de cette mentalité prudhommesque, disons un dernier adieu à la vieille locution Honneur aux vaincus.

Encore dans le fait qui nous intéresse, pas un centimètre de terrain n'a été cédé et si un chef minutieux avait eu vent d'un léger fléchissement de courage, il fallait, avant de l'étaler, qu'il s'entoure de preuves certaines, soit en l'ayant vu, de ses propres yeux vu, soit à l'aide de témoignages oculaires des voisins qui, en la circonstance, du moins je le suppose, n'auraient certes pas éreinté les copains.
On peut être battu avec gloire ! C'est ce que me paraît ignorer le théoricien P… N'est-ce pas le sabreur Napoléon, son digne maître, qui disait un jour, en substance : « Une ville investie et qui se rend est comme une belle fille qui a perdu son honneur : aussi son intransigeance l'a conduite à la gloire, puis à la défaite ».

Dans ce cas, Vercingétorix, qui était assiégé dans Alésia et s'est rendu à César, était un poltron, et François 1e après la bataille de Pavie. Quoi donc lui aussi ? Allons plus loin. Regardons l'avenir. Notre guerre qui se terminera dans un an, une décade ou un siècle, aura un vaincu. Alors il en sera des armées en déroute, quelles qu'elles soient, comme des combattants de cette nuit. On les montrera du doigt et la postérité se signera en apprenant dans l'histoire qu'au cours d'une guerre qui se déroula pendant le XXe siècle, des soldats se laissèrent surprendre et battre par l'ennemi…
Voilà l'idée nette du devoir que se forge le forgeron P…, un succès à répétition.
Impressions épineuses qui aideront à mieux connaître le stupide commandant, prince des fusilleurs, qui est tombé parmi nous. Si le forfait n'a pas été l'image exacte du projet mûri dans sa cervelle gangrenée, du moins la main sur le reliquat de son estomac-conscience, il a fait l'impossible pour étancher sa soif de caporalisme draconien.
Quand je lis quelquefois les journaux, je hausse les épaules aux récits qu'ils font de la discipline de fer des soldats allemands. Ils oublient la poutre que nous avons dans l'œil. Evidemment, il serait malsain d'éclairer l'opinion publique. L'ombre lui est propice à cette époque. Néanmoins, du côté de la discipline, nous devons avoir une parenté pas très éloignée, et parmi les armées françaises et allemandes, nombreuses sont les brutes qui pourraient s'appeler cousins. J'ai l'impression que chez nous, au moins, notre caractère indépendant ne le supportera pas longtemps sans grogner, et que ce serait fâcheux pour tous.
On peut tout demander aux soldats français, mais ne les prenez pas pour des mécaniques à la Vaucanson, des jouets inconscients. Commandez-les intelligemment (en quatre syllabes bien appuyées) avec douce autorité. Soyez conciliants dans les heures mauvaises et par surcroît ils iront au-delà de vos espérances.
Sans être antimilitariste, on peut dire que l'orgueil est le pêché mignon et originel de la plupart des officiers de carrière (car il est bien entendu que ma diatribe amère n'est pas destinée aux nombreux officiers réservistes). Cet héritage vient de leurs pères, le poupon s'est développé. Il a grossi à la mamelle, est devenu un homme obèse et un jour il crèvera comme un ballon.
Honneur à l'armée ! Honneur à nos officiers ! Quand ils seront hommes et auront enterré la brute qui sommeille en eux.
Je pousserai même la complaisance jusqu'à ajouter qu'ils ne sont pas la majorité dans ce cas-là. Mais n'y en aurait-il que vingt, il y en a vingt de trop, et leur exemple faisant un mal immense, il est encore temps d'y mettre un frein, si l'on ne veut pas que cette maladie se propage…

22 avril
Veille de Pâques. Je descends de cheval et arrive de Breitfirst. Un vent d'une violence inouïe avait ramassé la neige sur le plateau désert. Aussi je n'ai fait que monter et descendre et au retour, vers la cote 1210, les boches étaient en train de bombarder sérieusement la batterie de 75 située là. J'ai dû franchir la zone au grand galop et mon cheval y a laissé deux fers. Quant aux artilleurs, devant le tir obstiné, ils ont été sages de renter dans leurs abris et d'attendre le silence. Chaque jour, c'est la même chose dans ce coin-là.

Le 10 avril, Poincaré est venu nous faire une visite, c'est-à-dire que sa précieuse personnalité n'est venue que jusqu'à la brigade et en traîneau.. Là quelques délégations représentaient les poilus des lignes. Il a fait la remise de quelques sucres-décorations et s'en est allé. Ce, pendant que les combattants, d'un pas léger, reprenaient la piste qui accède au Spitzkopf. En voilà des noms à coucher dehors…

10 mai
J'en ai bien ri il y a quelques jours. Le général Franchet d'Esperey, qui commande un groupe d'armées, est venu nous voir en ligne. Quand il atteignait le roc où est le sanctuaire du commandant, je me trouvais là avec l'agent de liaison de la mitrailleuse que nous avons baptisé Jean la Pute. A peine la silhouette du général avait-elle disparu de notre vision, que le fameux Jean me demandait son nom. « Franchet d'Esperey », lui répondis-je. « Ce n'est pas possible, répliqua Jean la Pute, qui a décidément l'ouïe un peu trouble, un général qui s'appelle France Désespérée que vient-il foutre ici ?...»

C'est avec des boutades de cette essence que nous nous déridons chaque jour.

12 mai
Cette nuit, le bataillon était relevé par le 115e bataillon alpins commandé par le chef de bataillon Touchon, et je saisis l'occasion aux cheveux pour tresser, de ma chétive plume, une couronne d'éloges à ce chef merveilleux car nous le connaissons tous depuis les sanglantes attaques du Linge. Ah ! Celui-là n'est pas un P…. Il commande et concilie en souverain de bataillon. Il ne s'appuie ni sur le code, ni sur la loi, seulement sur les dures tablettes de l'expérience. Quand une histoire surgit dans son petit royaume, il ne dresse pas les appareils de la justice borgne ou aveugle. Il se contente de crier un bon coup, et ses hommes qu'il a en mains rentrent d'eux-mêmes dans le cercle de l'ordre.
Grand, le visage bardé de taches de rousseur, muni d'un tic qui lui fait gonfler les joues à chaque pas, il rachète cette petite imperfection physique agréable chez lui en alliant à un courage exemplaire une bonté paternelle jamais en défaut. C'est ce qui le rend beau, le fait admirer et à créé, parmi la troupe, une légende qui l'auréole. En définitive, des hommes de cette trempe forte et saine ne sont pas légion et entraineraient leurs soldats au bout du monde.
Vive Touchon et mille regrets de ne pas faire partie du 115e chasseurs peuplé de provençaux.

Ce matin, donc, après avoir passé près de deux mois dans ce nid d'aigles, nous prenions la direction de la vallée, et l'on sentait bientôt l'approche d'un climat plus doux. Des bouffées de printemps venaient alimenter notre sève et en longeant les derniers lacets qui conduisent à Kruth, notre but, l'on pouvait admirer le contraste de la nature riante et féconde ici, avec celle désolée de l'Hilsenfirst.

Depuis cet après-midi, nous cantonnons dans un vieux moulin. Un ruisseau murmure au pied de la grande roue immobile habillée de mousse et promène ses eaux abondantes et capricieuses parmi les prés verdoyants. Nous avons là, je crois, quelques beaux jours prometteurs de délassement au sein de ce décor champêtre….


JMO du 50e RIT

Le 16 mars 1916, le 2e bataillon du 50e RIT relève le 7e BCA au Langenfeldkopf.

Le 8 avril, au lever du jour, à la suite d'un coup de main exécuté par une patrouille allemande, un petit poste de la 4e Cie qui occupait la cote 400 (1) (sud-est du Langenfeldkopf) fut surpris. Les soldats dont les noms suivent furent faits prisonniers, ou en tous cas, portés comme disparus : Seyval caporal, Pouilley caporal, Gillot, Quinternet, Favret, Baudancourt, Goyat, Parisot, Boyon Paul, Marchal Charles, Vurden Louis, Naulat François, Béguin Paul, Lallemand Jules, Donet Claude et Bonfus Auguste. Ils sont traduits en conseil de guerre par contumace. L'adjudant Besançon de la 5e Cie et le téléphoniste Wathelin de la 8e Cie qui avaient été portés disparus sont retrouvés carbonisés dans le gourbi où ils couchaient et où ils ont dû vraisemblablement être surpris par les boches qui incendiairent le gourbi. Les soldats Montelin, Galmiche et Brun furent tués, les soldats Richard, Fagullier et Guéritot furent blessés.
A ce point 400 se trouvait également une section de mitrailleurs du 50e, ces mitrailleurs furent enlevés de leur poste de combat : Colle caporal, Guyot, Simonet, Belin, Martin et ils sont également traduits en conseil de guerre par contumace. Le sergent Guillaume (2) est condamné à la peine de mort pour abandon de poste. Le caporal Gouville de la 5e Cie et les soldats Anlary Victor, Brenin Gustave, Courroye Delphin, Margeron Jean, Botterin Toris, Bigey Louis, Durpois Auguste, Tuaillers Eugène tous de la 5e Cie qui disparurent lors de l'attaque pour ne reparaître qu'après sont traduits en conseil de guerre. Le même jour le caporal Irède de la 12e Cie est blessé par éclatement de crapouillot ; le soldat Bresson de la même Cie est également blessé par éclat de crapouillot.
L'orthographe des noms est très aléatoire.

JMO 7e armée
Compte-rendu sur la journée du 8 avril 1916

…/… Lutte d'engin de tranchée à l'Hilsenfirst où une forte reconnaissance allemande pénètre dans un élément avancé du Langenfeldkopf d'où elle se retire rapidement devant l'imminence de notre contre-attaque, en emmenant 23 prisonniers…/…

(1) Il s'agit là du point 400 ou Tête des Français et non de la cote 400.
(2) Pour masquer son crime, le commandant inscrira la victime dans la liste des morts au champs d'honneur ( Source Wikipédia)