A la mémoire de mon fils Ravel Maurice-Paul Lieutenant au 213e Régiment d'Infanterie

Extrait de « A la mémoire de mon fils Ravel Maurice Paul, lieutenant au 213e Régiment d'Infanterie ».

Remerciement Louis S.

8 janvier 1915.
Mon régiment se trouve actuellement à Moosch, dans la vallée de la Thur, entre Thann et Saint-Amarin. Il prend un repos bien gagné, après les terribles épreuves des dernières semaines. Il y a eu, dans la région comprise entre Thann et Cernay, de durs combats dans lesquels le 213e a perdu le tiers de son effectif. J'ai eu de la chance d'en réchapper. Nous avons progressé un peu, gagné du terrain, pris un village, mais à quel prix !
Notre repos ne sera pas long. Dans quelques jours on va nous envoyer en montagne, au milieu des neiges, où nous passerons tout le mois de janvier.

15 janvier 1915.
Depuis le 13 janvier nous vivons dans la montagne au milieu des tourmentes de neige. Les sections que je commande occupent à l'ouest de Linthal et de Sengern, dans la haute vallée de la Lauch, un hameau appelé Remspach dont les maisons s'égrènent sur les pentes neigeuses du Langenfeld (1390 m). Les boches sont à Lautenbach, à 2 km d'ici. Ce pays doit être infiniment joli au printemps et en été. Il est aussi très intéressants dans ces moments ci, sous son manteau d'hermine, mais les hommes qui font la guerre en comprennent mal les attraits et ne peuvent en goûter pleinement le charme. La neige qui tombe en abondance en intercepte les communications et rend très pénible le service des avant-postes. Aussi mes hommes n'ont guère le cœur à admirer les beautés de la nature vosgienne et cependant, comme cette vallée est admirable avec ses sapins brodés de neige, ses lacs bleu foncé et ses cascades écumeuses !
Les gens d'ici sont très malheureux. Ils manquent de pain et ne se nourrissent plus que de pommes de terre et de laitage. Ils sont privés de lumière, n'ayant plus ni bougie ni pétrole. Aussi c'est un vrai bonheur pour eux que de recevoir des troupes, car ils profitent non seulement de la lumière, mais encore de tous les restes d'aliments.
La vie que nous menons ici ne me déplait pas. Le ravitaillement se fait par des mulets. Jusqu'à présent tout a bien marché, mais si la neige devient trop abondante le convoi sera arrêté. Nous avons heureusement constitué une réserve de vivres dans laquelle nous puiserons en cas de nécessité. Je prépare une longue lettre où je te raconterai ce qui s'est passé récemment.

25 janvier 1915.
Nous gardons toujours la vallée supérieure de la Lauch. Il me semble que je suis au bout du monde. Nous n'avons aucune nouvelle de la plaine où nous ignorons ce qui se passe. Nous vivons ici au milieu de la neige et du brouillard. La neige est si abondante que les communications entre les postes sont très difficiles et parfois impossibles.
Les boches sont de plus en plus mordants. Ni le froid, ni la neige, ni le brouillard ne les arrêtent. Pour les empêcher d'avancer jusqu'à nous, nous abattons des pans de forêt. Les sapins abattus sur une profondeur de 100 mètres forment un sérieux obstacle.
La vie qu'on mène ici me plait fort et je voudrais rester longtemps encore dans ces montagnes couvertes de neige, parmi ces populations qui vivent uniquement de laitages et de pommes de terre, car le pain manque totalement.
Je t'embrasse affectueusement.
Maurice Ravel.

Cette carte postale, datée du 25 janvier, est la dernière correspondance qui me soit parvenue de mon fils. L'absence de toute nouvelle dans le courant de février me donna de vives inquiétudes qui augmentèrent encore lorsque, dans la seconde quinzaine de ce mois, le service de la poste me retourna mes lettres avec cette laconique mention, qui causait tant d'angoisse pendant la guerre aux familles auxquelles elle parvenait : «  Le destinataire n'a pu être atteint ». Un peu plus tard, dans le courant de mars, je reçus l'avis officiel de sa disparition et la lettre suivante de son capitaine à qui j'avais écrit pour le prier de me renseigner :

23 mars 1915.
Cher Monsieur,

J'attendais moi-même avec la plus vive impatience, une lettre de vous, pensant obtenir ainsi des nouvelles de votre fils, qui a dû être porté comme « disparu » au combat du 13 février.
Je suis fort étonné d'apprendre que vous n'avez encore rien reçu de lui.
Votre fils est en effet tombé au pouvoir de l'ennemi dans les circonstances suivantes :

Vous savez qu'il commandait, à ma plus grande satisfaction du reste, la grand'garde de R. (Remspach) depuis le 13 janvier.
Le 13 février au matin, vers 6 h 30, on lui signalait qu'un de ses petits postes avancés se trouvait attaqué par une forte reconnaissance ennemie. Après en avoir rendu compte, il partait immédiatement au secours de son poste avec une section de réserve.
A peine avait-il quitté le hameau de R. (Remspach) qu'il devait subir, avec sa troupe, en terrain découvert, un violent bombardement extrêmement précis. Malgré la canonnade il continuait sa route et emmenait ses hommes. En arrivant aux crêtes qui dominent le hameau, il se trouvait soudain, face à face, avec plusieurs compagnies d'infanterie bavaroise, déjà déployées et prêtes à foncer sur la grand'garde.
A partir de ce moment, je ne sais ce qu'il est devenu, sinon qu'il est demeuré, ainsi que son détachement tout entier, aux mains de l'adversaire.
D'après le sous-lieutenant Vaimbois, qui commandait un poste voisin et a pu observer, en partie, la progression de son camarade sous le bombardement ennemi, vers les crêtes nord de R. (Remspach), votre fils a dû être cerné par l'infanterie bavaroise d'une façon si soudaine, qu'il s'est trouvé prisonnier avant même que de pouvoir opposer la moindre résistance.
J'étais moi-même, jusqu'à présent, tellement persuadé qu'il était sain et sauf que je lui laissais le soin de nous faire part des événements du 13.
Son silence m'inquiète un peu.
J'estime pourtant qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer encore, aucun des hommes qui étaient avec lui n'ayant pu, jusqu'à ce jour, donner signe de vie à leurs familles.
Si j'apprenais quelque chose par l'un de ces hommes, je m'empresserais de vous le communiquer. Je vous serais extrêmement reconnaissant de vouloir bien me rassurer de votre côté, aussitôt que possible, au cas où des nouvelles vous parviendraient enfin.
Votre fils était depuis longtemps mon ami : j'appréciais pleinement sa claire intelligence, son cœur délicat et sensible, son imperturbable bravoure ; c'était certainement, ainsi que je l'ai déclaré dans mon rapport sur l'affaire de R. (Remspach), l'homme le plus courageux de ma compagnie ; c'était pour moi le collaborateur le plus dévoué et le plus affectueux. Je ne le remplacerai certes pas.
Je souhaite de toutes mes forces qu'il se trouve sain et sauf. J'aurai trop de chagrin qu'il lui fût arrivé malheur.
Croyez, cher Monsieur, à ma plus vive sympathie, mais ne vous alarmez pas encore. Etant donné la façon dont l'ennemi traite ses prisonniers, il n'y a nullement lieu, je vous le répète, de vous inquiéter outre mesure. Patientez et gardez bon espoir.
Capitaine Jeanbrau

On verra plus loin, par la lettre du sergent Autissier, que contrairement à la déclaration du sous-lieutenant Vaimbois, (tué dans un combat peu de temps après) la section que commandait le lieutenant Ravel s'était bien défendue et n'avait succombé que sous des forces très supérieures en nombre aux siennes ; mais il était si difficile d'être renseigné exactement sur ce qui se passait, même dans l'entourage des troupes en action, que ces erreurs étaient bien excusables.
La lettre du capitaine Jeanbrau ne me fixait pas sur le sort de mon fils et je pouvais espérer qu'il avait été fait prisonnier.

Alors commencèrent les enquêtes, les demandes de renseignements au régiment et aux diverses œuvres françaises et étrangères qui s'occupaient de la recherche des disparus.
C'est ainsi que je m'adressai à la Croix Rouge Française, à la Croix Rouge de Genève, à l'ambassade d'Espagne, à la mission catholique suisse en faveur des prisonniers de guerre et à l'office provisoire d'information sur les prisonniers de guerre organisé au Vatican par les soins de Sa Sainteté.
L'ambassade d'Espagne me fit connaître le 6 juin 1916, que le nom du lieutenant Ravel Maurice ne figurait pas sur les listes de prisonniers français en Allemagne et au commencement de septembre de la même année, je reçus du Vatican la lettre suivante m'annonçant la mort de mon fils.

SEGRETERIA DI STATO DI SUA SANTITA

UFFICIO PROVVISORIO
PER INFORMAZIONI
SUI PRIGIONIERI DI GUERRA
Roma, li 31 aout 1916.
Monsieur,

Monseigneur l'Evêque de Paderborn nous annonce la triste nouvelle que le lieutenant Ravel Maurice, du 213e Régiment d'Infanterie, 23e compagnie, a été tué le 13 février 1915, près Höhe-Remspach, en allant porter assistance à un petit poste.

On ne donne pas d'autre détail.

Ce renseignement est donné par le sergent Lecrot du 213e Régiment, 23e compagnie, prisonnier à Langensalza 5e compagnie, n° 365.

Il habite en France à Nérondes (Cher).

Veuillez, Monsieur, agréer nos condoléances sincères.

Pour l'Office,
L. van ROOY

Quelque temps après, la mission catholique suisse et le Ministère de la Guerre français me confirmèrent la triste nouvelle, puisée à la même source : celle de la déclaration du sergent Lecrot.
J'eus, naturellement le désir d'avoir des renseignements plus complets en m'adressant directement au sergent Lecrot, qui correspondait régulièrement avec sa famille. Je lui écrivis plusieurs lettres mais je ne reçu aucune réponse. Or, j'appris, à son retour de captivité, qu'il m'avait toujours répondu régulièrement, mais ses lettres avaient été retenues par les Allemands.
Avant d'être fixé sur le sort de mon fils, j'avais reçu plusieurs lettres de sous-officiers ou soldats du 213e, prisonniers de guerre dans divers camps, mais qui n'avaient pu me donner que de vagues renseignements, sans aucune précision.
Ainsi se confirmait, une fois de plus, la façon de procéder inhumaine et cruelle des Allemands, qui ne laissaient passer que les correspondances de prisonniers donnant de vagues renseignements sur les disparus, et retenaient toutes celles qui précisaient ces renseignements, afin de maintenir l'anxiété dans les familles françaises.
Un autre compagnon d'armes de mon fils, le sergent Autissier, m'avait également adressé, pendant sa captivité en Allemagne, des renseignements très complets sur les événements du 13 février 1915 qui ne me sont jamais parvenus.
Voici la lettre que j'ai reçue de ce brave sous-officier après son retour en France :

Nevers, 18 juin 1919.
Monsieur,
J'ai déjà écrit chez vous et pour vous, au cours de ma captivité en Allemagne, dans le but de vous détailler le peu de renseignements que j'avais au sujet de cette disparition malheureuse de votre fils, qui se trouvait être, en effet, mon chef de section quand, le 13 février 1915, la demi-compagnie de première ligne qu'il commandait, fut attaquée par une brigade allemande, décimée ou faite prisonnière. Peut-être n'avez-vous pas reçu mes 2 pages de renseignements jointes à la lettre que vous adressait, voici deux ans à peu près, le sergent Lecrot ? Peut-être ne vous a-t-il rien communiqué d'autre part par la Croix Rouge ?

Voici ce que je disais :

Je commandais le poste dit du « Bois Rond », le 13 février 1915, avec un caporal alpin et 10 hommes. Vers 7 heures du matin, l'observateur aperçut une vingtaine d'Allemands se glissant dans le ravin d'en face, à la faveur de la brume matinale. Aussitôt j'appelai le lieutenant au téléphone et lui signalai ce que nous voyions. Il me posa une seule question : à quelle distance sont-ils ? Je lui répondis, je crois, à 5 ou 600 mètres ; puis j'ajoutai : je crois à une attaque. Il n'ajouta rien et la conversation, la dernière que j'eue avec lui, fut aussi brève que possible.
Je pus constater qu'en effet, il s'agissait bien d'une attaque, car, quelques minutes après, une nuée d'Allemands, des centaines, descendaient à leur tour vers le ravin. Je voulus alors le dire au lieutenant Ravel, mais j'eus beau appeler, personne ne répondit et l'appareil du téléphone devint inutile, le fil étant coupé. J'installai donc mes hommes à leur poste de combat et je commandai le feu. Mais au bout de trois heures ½ de résistance aussi complète que possible, mon poste fut contourné et pris par derrière, côté où la défense ne pouvait être assurée. Un homme fut tué, un blessé, le reste fut fait prisonnier.
Nous espérions, tandis que nous résistions, en un secours possible du lieutenant. Les ennemis tombaient en grand nombre sous notre feu, puisque, sur le fond de neige, leurs silhouettes se détachaient mieux qu'au champ de tir et nous tirions dans le tas. Quelle hécatombe de boches ! Et puisqu'ils étaient immobilisés en face, peut-être le lieutenant pourrait-il arriver à temps à notre secours ! Je vous l'assure, nous avons eu cet espoir. Il nous fallut bientôt revenir de notre espoir.
Ce que je vous dirai maintenant, je le tiens de camarades très sérieux rencontrés pendant ma longue captivité.
Le lieutenant Ravel était bien, en effet, parti à mon secours dès mon premier appel. Il était au village de Remspach, dans la petite maison où j'étais, maintes fois, allé transmettre ou recevoir des ordres ou renseignements. Il était certainement inquiet, agité à la pensée que l'ennemi avait reçu du renfort, qu'il était menaçant avec ses patrouilles, et que nous, Français, n'avions pas encore les secours en hommes, mitrailleuses et canons que nous attendions. Déjà il y avait eu des alertes, des blessés, des tués même. Quand il reçut mon appel téléphonique, il courut de maison en maisons (Le hameau de Remspach n'est pas formé par une agglomération ; ce sont des maisons de campagne toutes isolées à 100 ou 200 mètres les unes des autres), rassemblant tous les hommes disponibles. Il y en avait peu : une vingtaine peut-être, employés comme cordonniers, tailleurs, cuisiniers, etc… Et il partit.
Certains m'ont dit qu'il avait du passer par Obersengern ; je croirais plutôt qu'il grimpa dans la neige très épaisse, jusqu'aux rochers qui dominent Remspach. Par cette ascension directe, on va en droite ligne au Bois Rond, petite forêt presque ronde, d'où son nom, à la sortie de laquelle se trouvait mon poste.
A mon humble avis, les compagnies allemandes, avec mitrailleuses, (que j'ai entendu crépiter) qui avaient pénétré dans le Bois Rond, ont du surprendre le petit groupe du lieutenant Ravel qui s'avançait en terrain presque découvert, dans la direction du bois. Ont-ils pu résister longtemps ? Je crois qu'ils se sont bien défendus, car la fusillade était vive de chaque côté, quoique la nôtre allait toujours s'affaiblissant. Toujours est-il que du lieutenant Ravel et de ses compagnons, il n'est revenu absolument personne.
Le soldat Vincent (qui depuis fut fait prisonnier et habite l'Abreuvoir, par Levroux, Indre) m'a appris qu'un prisonnier boche, fait quelques jours après le 13 février, avait déclaré qu'un officier et des soldats français avaient été enterrés ce jour du 13, là-haut, disait-il, en montrant la côte conduisant au bois.
Je crois qu'un voyage en Alsace ne serait pas inutile pour vous, quoique ce coin de Remspach soit bien perdu dans la montagne : la ville la plus proche étant Guebwiller, à une douzaine de kilomètres qui en valent bien le double. Avec un bon plan du pays que vous trouverez sans peine, j'espère, à Guebwiller ou ailleurs, vous pourrez reconnaître votre chemin, mieux que par toutes les indications que je pourrais vous donner.
Je garde de la personne du lieutenant, votre fils, le souvenir d'un officier qui m'a témoigné beaucoup se sympathie et en qui je reconnaissais quelqu'un d'infiniment dévoué, payant de sa personne et consciencieux, sérieux, chose si rare.

Que de peine pour vous, pauvres parents, et que je souhaite donc de tout cœur pour vous d'avoir enfin une certitude quant à l'endroit où repose le corps de ce fils tant aimé.
Je regrette de ne pouvoir faire mieux que ceci et en souhaitant à vous et à votre famille bon courage et bonne santé, je vous envoie l'expression de mes sentiments très dévoués.
J.B. Autissier

La lettre du sergent Autissier indiquait le point le plus probable où avait eu lieu le combat dans lequel mon fils avait été tué. J'écrivis donc au maire de Linthal pour le prier de faire opérer quelques recherches en vue de découvrir sa tombe. Ses recherches furent assez longues car la tombe était entourée d'un fort réseau de fers barbelés et cachée par la végétation. Mais grâce à la persévérance du brave garde champêtre de Linthal, on finit par la découvrir près du sommet du Bois Rond, à plus de 1000 mètres d'altitude.
L'inhumation avait été faite par les Allemands. La tombe était très décente et surmontée d'une croix portant très exactement les noms, grade, affectation et date d'inhumation du lieutenant Ravel.
Au commencement de septembre 1919, nous sommes allés, mon gendre : M. Legrand, et moi, nous agenouiller devant la tombe de notre cher mort……

Je ne puis résister au désir de mentionner ici, une cérémonie d'obsèques d'un militaire qui m'a vivement touché pendant mon séjour dans la Haute Alsace, à Lautenbach.
Une famille de Pontarlier est venue faire exhumer le corps de son fils, tué dans le voisinage, et l'a fait inhumer au cimetière du village, en attendant le transfert au pays natal.
Avec le clergé au complet, assistaient aux obsèques, porteurs de leurs drapeaux et de leurs insignes, toutes les sociétés patriotiques, sportives et de secours mutuel de la commune. Le cercueil, recouvert du drapeau tricolore, était entouré par des jeunes filles en costumes d'Alsaciennes. Enfin la plus grande partie de la population de la commune suivait le convoi dans le plus profond recueillement. Et parmi toute cette assistance, pas une seule personne, en dehors de la famille, n'avait connu le défunt.

En assistant à cette imposante cérémonie, je me disais que ce brave militaire n'aura pas des obsèques plus solennelles, lorsqu'on transportera ses pauvres restes dans sa propre commune.

Le propriétaire de l'hôtel où j'étais descendu et à qui j'en exprimai toute mon admiration, me répondit tout simplement : « Il en est toujours ainsi, aux obsèques d'un militaire. Personne ne l'a connu, mais c'est un soldat français, mort pour sa patrie, cela suffit pour lui attirer les sympathies de toute la population alsacienne ».
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MINISTERE
DE LA GUERRE
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

ORDRE NATIONAL DE LA LÉGION D'HONNEUR

213e Régiment d'Infanterie

Par arrêté ministériel du 20 juillet 1920, rendu en application des décrets des 13 aout 1914 et 1er octobre 1918, publié au Journal Officiel du 14 aout 1920, la croix de Chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur a été attribuée à la mémoire du

Lieutenant RAVEL Maurice-Paul

MORT POUR LA France

RAVEL Maurice-Paul, Mle 107, Lieutenant
« Excellent officier, brave et courageux. Tué glorieusement, le 13 février 1915, en se portant à l'attaque des tranchées ennemies, près de Remspach ».

CROIX DE GUERRE AVEC ETOILE DE VERMEIL

A Nevers, le 15 novembre 1920

Le Colonel Commandant le dépôt du 13e Régiment d'Infanterie.

SANTOS-COTTIN